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Journal d'un confiné 9

Salut les gens. 

Journal d'un confiné 8. Je pense à tant de gens. Je me décide de vous écrire du fond de mon âme emprisonnée. Une petite série de lettres à des gens que j'aime.

Salut à toi David, 

Je sais, à ce moment là de la lecture, tu tombes de ta chaise. D'amis inséparables, nous sommes devenus des étrangers. Mais tu sais mon ami, j'assume tout. Tout est entièrement de ma faute. C'est moi qui laisse sonner le téléphone dans le vide. Moi qui laisse passer les jours avant de répondre à un message. Tu n'y es pour rien. Tu appelles, tu écris. Tu dis ce que tu as sur le coeur. Moi, je fais ce que je fais de mieux, je me cache, je fais l'autruche. Mais ça y est, je ne fais plus semblant. j'ai tant fait semblant pendant des années. Faire semblant dêtre bien, heureux, apaisé. Pour qu'on me foute tout simplement la paix. Mais j'ai enlevé ma cagoule, retiré les filtres. Tous ceux qui sont dans ma vie aujourd'hui, je les aime. Je ne fais pas semblant. Mes proches, mes potes, je leur dis que je les aime et merde aux autres. Ce fichu virus nous enferme dans nos maisons mais mon esprit reste libre. Aujourd'hui, je fais un pas vers toi mon ami, mon pote, ma moitié.Te souviens tu de nos belles années collèges ? Nos années foot ? Nos matchs avec un autre sacré bohomme, Bruno Mingeon. Je le côtoie beaucoup aujourd'hui. C'est apaisant. Nous étions proches et tu as du partir vivre loin. Ce fut une première déchirure. Et ton retour fut... Comment dire ? Spectaculaire. Tu étais devenu chanteur de rock. Tu avais fondé "Nothing" sacré groupe. Tu as déboulé dans ma vie à la manière d'un riff de AC/DC. Vivant et entraînant. Et tout est reparti en vrille. Les nuits, les filles, l'alcool. LE RIRE. Putain qu'on a rigolé. Nous brûlions la vie par les deux bouts. Inséparrables et fous. Les autres nous regardaient bizarrement. Mais on s'en foutait. Tu vivais sur les routes et j'étais une aire de repos. Vous veniez poser vos valises dans mon minuscule appartement de l'époque. Mais on partageait tant de choses. David, j'ai aimé ces années folles. Malgré nos "quelques années de sommeil en retard".  Tu a commencé à avoir du succès. C'était si mérité. La maison de disque, les albums. Cette période que je n'ai pas aimé. Mais je crois bien que j'étais le seul à te dire quand je n'aimais pas. Je pouvais me le permettre car David, tu étais mon AMI et je me foutais bien que tu sois chanteur, disquaire, chômeur, plombier ou charpentier. Je crois que ça, tu l'as compris de suite. Je ne faisais pas partie de la cour qui t'entourait et qui se pâmait à chaque mot que tu prononçais. Mais j'étais là. pour toi, avec toi. Tu étais là aussi pour toi, toujours. Attentionné. Merci mon David. J'ai mal vécu ta souffrance quand le groupe s'est déchiré. J'ai aimé que tu reviennes te ressourcer ici. Aimer que tu me présentes Steeve. Ce fameux Steeve qui avait perdu son coté droit lors d'un abus de Genépy. Que de fous rires. Ce sacré Steeve, clavier de Shaka Ponk mais qui m'a encore fait rire lors de ton mariage. Voilà une première rupture. Pas anodine d'ailleurs. Se séparer alors que tu liais ta vie à celle d'une femme. Mais ton amitié était forte car tu as bien compris ma réaction. Tu as accepté que je ne fasse que passer à ton mariage. Je n'aime pas les mariages. Pas plus le tien que celui d'un autre. Pour autant, j'ai aimé chanté avec Steeve et toi lors de cette soirée. Mais ensuite, tout me saoulait. Et j'ai repris la route pour rentrer. Mais c'est ça l'amité non ? Je dis souvent ça à Fab " Un ami, c'est quelqu'un qui vous connait bien mais qui vous aime quand même". Avec tout mes défauts, mes tares, mes failles, mes faiblesses. Tu m'aimais quand même. J'ai une petite vie étroite et je pense que je me suis éloigné car je ne me sentais pas à la hauteur. Tu semblais déçu par ce que je faisais. Ce n'était pas à ta hauteur. Mon groupe, mes livres, ma vie quoi. Je suis le plus banal des hommes mais c'est comme ça. Il me faut marcher chaque jour avec mes déceptions et mes douleurs. Je sais que tu vis et à vécu les tiennes. Et aujourd'hui, je m'en veux de ne pas être à tes côtés. Où nous emmène cette vie ? Je ne sais pas. Je voudrais juste qu'elle fasse se rejoindre nos deux chemins.

Je pense à toi. 

Fraternellement.

Chris.

 
Commentaires (1)

1. David 22/04/2020

Mon ami mon frère, il a été très difficile pour moi de lire ta lettre, ton mot, ta déclaration d’amour. Difficile dans le sens où j’ai eu du mal à respirer et à m’arrêter de pleurer en la lisant. Et elle me fait le même effet à chacune des lectures que j’ai pu faire depuis hier.
Je n’étais pas inquiet ni triste, j’étais patient sans me forcer, très naturellement car tu es mon frère. Comme tu l’as dit j’étais présent, même si parfois c’était une présence éloignée. Par contre je savais que tu étais toujours là, aussi. Même si tu as eu besoin d’un peu d’ailleurs par rapport à moi et peut-être à d’autres. J’ai aussi eu besoin de questionner ma vie, de trouver ce qui est important pour moi. Alors j’entends parfaitement ce qui a pu te mener pendant ce temps de silence. Il faut parfois mettre des parenthèses.
Bon certains jours les parenthèses ça pèsent. tu m’as manqué vraiment beaucoup, Chenapan !!!
Je me rappelle de tout mon Christian, de tout! nos moments ont été tellement fort!toujours! Cette complicité est unique. Elle le restera.
Tu es loin d’être une personne banale à mes yeux, j’ai beaucoup de considération pour toi. Tu as toujours donné le meilleur de toi en y mettant tout ton cœur et ta passion.
Le sport, le groupe, l’écriture ,la vie. Et ça j’admire au plus haut point. Je n’ai jamais jugé ton travail j’aurais voulu même collaborer. D’ailleurs j’ai toujours la proposition de livre dont je t’avais parlé.
Il n’y a pas de comparaison à faire entre nous, qu’il n’y a pas eu de comparaison à faire entre nous, la seule que l’on peut faire en terme de hauteur c’est que t’es plus grand que moi en taille c’est tout. Sinon je crois que nous sommes les mêmes.
J’adore ce pas que tu fais vers moi. Je t’entends mon ami. Reste comme tu es, c’est cette personne que j’aime.
Quand on commence avec un pas puis un autre les chemins se rejoignent à ce qui parait...
David

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