Journal d'un confiné 6

Salut les gens, 

La météo est bonne, ce matin, en regardant les sommets alentours, je me dis que ce jour de repos tombe à pic pour une fois. Il est encore tôt, je fais mon sac, vérifie une fois de plus les piles de l'ARVA, refais un check du matos. Doudoune au fond du sac, flasques d'eau, nourriture, vêtements de rechange, crème solaire. Il me faut penser à tout. Je charge les skis sur le toit, prends les chaussures, les bâtons, ne pas oublier les peaux. Et voilà, go. En montant en direction du chalet de ski de fond, j'écoute Alexis HK dans la voiture, c'est bon ça. Tout semble bien se goupiller. Un couple se prépare sur le parking. Mais après avoir mis les peaux sous les skis, mis une casquette et la crème solaire, je décolle devant eux. Les premiers mètres sont très tranquille, sur cette route dans la forêt, Idéal pour l'échauffement. Première montée un peu raide dans les sous bois, je rattrappe 4 skieurs, ils vont gentiment me laisser passer. Je continue, j'ai bien fait de partir tôt, les conditions risquent d'attirer les passionnés de montagne et de ski de rando. Me voilà déjà à la chapelle st Guérin, je double un nouveau couple. La traversée là est magnifique mais pas du tout difficile. Comme je suis plus un contemplateur qu'un compétiteur, je lève la tête, souvent et dans la pente, broutant tranquillement au niveau de la petite passerelle, un bouquetin. Je m'arrête pour le regarder et poser une couche, la chaleur arrive. Je reprends ma rando. Je suis à présent sous le refuge de la Balme, la fabuleuse Pierra Menta se dévoile déjà. Au dessus de moi, je vois un skieur qui déscend. On peut dire qu'il maitrise. Il s'arrête en contre-bas de moi. C'est un pote. Il est heureux comme tout. Il a fait cette sortie en pensant à son papa disparu qui devait toujours l'emmener ici. Encore un acte manqué. Prenons-y garde. Nous ratons tant de choses. Je poursuis, au dessus du refuge, un duo féminin me laisse passer aussi dans la trace et je peux continuer à mon rythme en direction du refuge et du lac du Presset. J'aime particulièrement cet endroit. Et peut être encore plus en été, lorsque, en trail, je suis sur les rives du petit ruisseau qui passe là. C'est une journée avec des jambes, c'est cool. Me voici juste sous le refuge. A l'inverse de tous les randonneurs qui passent par là, je m'écarte des traces pour éviter ce batiment moche qu'on a fait pousser ici, dans ce lieu si sublime avec la Pierra Menta qui nous surveille. Je continue, seul dans cette immensité et c'est pur bonheur. Je me fais les conversions du col qui va surplomber tout ça. Voilà le sommet, la vue sur le versant beaufortain. Je regarde l'aiguille du Presset et me lance, ski sur le sac avec des bons souvenirs pleins la tête. Un temps ancien. Me voilà en haut, non sans mal. J'admire la vue incroyable. C'est à couper le souffle. Je trouve quelques rochers accueillants et me pose. Je me change car mine de rien, j'ai bien transpiré dans ces derniers mètres. Je sors le casse croute. J'aime tellement ces moments là. Seul au monde. Et puis, il faut bien redescendre. J'enlève les peaux, troc ma casquette contre un buff, serre les godasses et me lance dans cette pente raide qui m'emmène vers le lac. La neige revient légèrement, putain que c'est bon. Je vais me faire la descente d'une traite, jusqu'à la voiture. Une grande gorgée d'eau, remettre les skis sur le toit. Et rentrer, tranquillement. Les yeux et le coeur remplit d'images incroyables. Et ce dire que.... La prochaine sortie ne se fera pas demain la veille. Et comme j'avais raison, nous étions le lundi 16 mars. Le lendemain, le confinement se confirmait. Qu'elle me manque ma montagne. 

Prenez soin de vous les gens.

Chris.

 
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