Extraits

Salut les gens,

Aujourd'hui, je tente de vous donner l'envie de lire " La perte du fou" en vous glissant un extrait du livre.

 

J’étais un privilégié, je le savais, j’en étais pleinement convaincu. Mais je n’étais pas coupé de la réalité du monde. La décadence ambiante me minait parfois le moral. Souvent, on me faisait la morale justement. Il paraissait que mon style de vie m’interdisait le blues. En fait, je passais énormément de mon temps à lire les journaux, et ce faisant il m’était difficile de ne pas me poser de questions sur l’avenir du monde. En vain bien sur, car même si j’avais une admiration sans borne pour tous les gens qui se battent pour changer le monde, j’étais plus que septique sur la réussite de l’opération. Pourtant, il m’arrivait souvent de participer à un gala de soutien ou à une opération de telle ou telle association. Tous les anonymes qui se battaient, qui consacraient leur vie et leur énergie à sauver l’environnement, ou la mal bouffe, ou encore à nourrir les plus pauvres, ces gens là, je les admirais profondément. En ce moment je lisais le livre de Jean Ziegler, « L’empire de la honte » A chaque page je ronchonnais, je m’énervais. C’était un observateur pour l’ONU et il démontait le monde actuel, la misère programmée, codifiée, voulue. En lisant son livre je pensais à la citation de Voltaire : « Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres » Je trouvais ces gens là indispensables. Et j’enviais leur intelligence, leur faculté de tout expliquer, de démonter les arguments des dirigeants de cette planète. Moi, j’avais tendance à m’énerver un peu vite, je ne voyais comme solution que la révolution, je rejoignais le personnage de Zola dans Germinal :

«  Tout brûler, tout détruire, et quand il ne restera plus rien de ce monde naze, il en poussera un plus beau »

J’avais des amis dans différentes associations et ils m’invitaient souvent à des réunions ou des débats, on voulait mon avis, que je m’exprime, mais mon éloquence était restreinte, j’étais un taiseux. Ce que d’aucuns trouvaient étonnant, sur scène je parlais beaucoup, je donnais des  interviews mais j’étais mal à l’aise devant un parterre de gens que j’admirais. Mais bon, ma présence permettait parfois de mettre en lumière tel ou tel combat. Alors , même si je refusais beaucoup de choses, lorsque une opération méritait à mes yeux d’être reconnue, je la soutenais. Rien d’admirable là dedans.

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