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Journal d'un confiné 12

Salut les gens, 

Voici donc le 12ème et sans doute dernier volet du journal d'un confiné. Avant bien évidemment, la deuxième vague et un nouveau confinement.

C'est en écoutant Stephan Eicher chanter " Si tu veux que je chante...." un nouveau bijou signé Philippe Djian que je me penche sur ce nouveau jour. On approche de la fin. Enfin, apparement, les français sont toujours en avance d'une guerre car depuis deux jours, c'est la fête du slip ici. Les gens sortent en groupe, se réunissent autour des apéros. Ah quand même, quel peuple d'alcoolos sommes nous. Juste incroyable à mes yeux. Youpi donc, c'est reparti. Ce matin, je sors acheter mon pain pour la semaine et les gens sont tranquilles, par grappes de 4 ou 5 et boivent leur café. Ok, ok. C'est peut-être moi qui voit tout en noir. Moi et le personnel soignant apparemment qui ne cesse de lancer des alertes. En écoutant mes concitoyens, je me dis que l'humanité ne nous décevra pas. Les propos regorgent de mots édifiants et désolants. Celui là est pressé d'aller emmerder les poissons, celle-là a déjà pris rendez-vous chez le coiffeur. Des coiffeurs qui ne vont pas laisser passer l'aubaigne de tripler les tarifs. Celui-là rêve de prendre sa bagnole et de rouler, rouler, rouler, sans la peur du gendarme. Rouler à s'en faire péter le carbu. Tel autre pense aux fringues pour l'été, au bijou dont il rêve, à ses chaussures. La fièvre acheteuse n'est pas prête de baisser. Bref, la vie d'avant quoi....

Dans ce brouhaha, une lueur, un espoir. Le témoignage de Vincent Lindon. Je vous invite tous à l'écouter sur la page de Médiapart. Un texte poingnant et réfléchi. Merci et bravo Monsieur.

Je m'écarte en écoutant "Toi et ce monde", "Toi et ce monde, méritez de disparaître, sans bruit...", Philippe Djian et Stephan Eicher.

A bientôt les gens.
Chris.

Lendemain de 2 mai.

Salut à tous, 

Dimanche 3 mai 2020. Sacrée année de merde, vous en conviendrez tous. Il y a quelques mois, tout le monde se sautait dessus en se souhaitant "UNE BONNE ANNEE" et surtout la santé hein. Je vous l'ai déjà dit, ne me souhaitez pas une bonne santé, sauf si vous êtes vaccin, ne me souhaitez pas une bonne année. Elles s'enchaînent, sans espoir, sans amélioration.

Et puis voilà, nous sommes le 3 mai. Hier, nous fêtions. Mais putain que ce mot est inaproprié. Nous étions donc 7 ans après la disparition de Lionel. Je me souviens comme si c'était hier ce fichu jour. Je me rappelle, 18h30, je suis sur le terrain de foot avec mes jeunes. L'ambiance est bonne, le soleil est là et..... Je vois arriver au stade ma compagne. AU STADE !!! elle ne vient jamais au stade. Je m'approche et son visage pleins de larmes ne me dit forcément rien qui vaille. Les mots ne sortent pas. Tout me passe dans la tête. Je me demande ce qu'il y a. Et là... " C'est ton neveu, il a eu un accident de montagne". Tout le monde cherche à me joindre apparemment. Mon téléphone est éteint dans mon bureau. Je la regarde. Elle continue " Il est mort". 

Le monde s'écroule. 

A vous, Maurice, Gislaine, Enja, Christelle, Anna. Le monde semble bien plus noir et si la vie continue parait-il, c'est tellement moins bien.

" Il y a ton visage qui est là

Nos mots pour dire qu'on oublie pas

Toi qui m'a appris qu'on peut disparaitre sans être absent.

Chris.

Journal d'un confiné 11

Salut les gens, 

 

Le confinement continue. Dans ce 11ème volet, je vais essayer de trouver le positif de tout ça. 

Puisqu'après des jours et des jours de soleil, de chaleur, le ciel nous déverse sur la gueule des sceaux et des sots d'eau, je regarde toujours ma montagne. Ce matin encore, avant de me mettre sur le roman, je surfe un peu sur le net. Mais je crois que je vais espacer ces visites là.Je ne trouve plus que des gens qui observent ce que font les autres, critiquent les comportements des uns et des autres. Celui-là va acheter son pain deux fois par jour, celui-ci c'est mis au jogging, etc.... Je comprends tout à fait que la situation peut-être anxiogène. Moi aussi, souvent, très souvent, je pète les plomps. Souvent très souvent, la captivité me rend dingue. Cela donne aussi à réfléchir sur les gens en prison. On dit que la prison casse les gens où les rends fou. J'imagine ici les gens en attente de jugement, les victimes d'erreurs judiciaires et toute une foule d'emprisonnemenst arbitraires, politiques, de partout dans le monde. Je pense aussi à tout ces animaux emprisonnés, encagés, dans des zoos, des cirques. Fumiers d'humains.

Mais j'avais dit que je venais sur le positif. Alors oui, fini les bises au job, fini les discussions inintéressantes au possible devant les supermarchés, à la caisse. Finis aussi de devoir trouver des excuses bidons pour éviter toutes ces conneries de barbecues qui fleurissent comme de la mauvais herbe lorsque revient le printemps.Fini de faire semblant avec un minimun de civisme. Je ne suis pas doué pour les discussions à la con. Je n'aime que parler avec mes potes. Oh parfois, ça ne vole pas bien haut, mais on se marre et là est l'important, ne pas se prendre au sérieux. Je passe toujours pour un mec sérieux d'ailleurs quand je refuse le verre de vin, la bière, l'apéro. Il n'y a rien de sérieux là-dedans, rien non plus d'une quelconque attention en prévision d'une improbable course.On me regarde de travers parce que je ne bois pas avec eux, parce que je me casse ou évite les rassemblements. En revanche, une fois entouré des gens que je choisis et aime, tout est différent. J'aime faire le con, les faire marrer, être dans l'exagération. Rire de tout. Essayer de leur foutre une chanson débile dans la tête. D'ailleurs, je voulais tester avec le confinement, s'il suffisait d'une phrase de chanson écrite pour faire rentrer un air obsedant dans la tête. Apparemment oui....

Autre point positif de cet enfermement, je passe 24h/24 avec ma Naïka et c'est un pur bonheur. Hier, me voyant un peu triste de penser à mon neveu Lionel, parti un 2 mai, elle est venue poser sa patte sur mon bras. Je l'ai caressé et malgré la météo, j'ai enfilé mon blouson et nous sommes allés marcher sous la pluie, en rêvant d'un monde meilleur.

Chris.

Journal d'un confiné 10

Salut les gens, 

Nouvelle page d'un journal d'un confiné. Aujourd'hui, en temps normal, serait un jour comme je les aime. La pluie de la nuit fait place à un soleil qui s'est fait  une trouée au travers les flammes de brume qui recouvrent la montagne. A cette époque, j'aime ces journées. J'aime la tranquilité de la région après 5 mois de folie. J'aime mettre mes basquettes et aller courir là-haut et monter, dépasser la mer de nuage et me régaler du silence et des odeurs. Mais nous ne sommes pas en temps normal. Il nous faut encore respecter ce confinement qui devient quand même lourd à supporter. Mais il nous reste quelques plaisirs à ne pas négliger. Aujourd'hui, je vous propose ce partage.

Un livre : "Le club des incorrigibles optimistes" de Jean-Michel Guenassia.

Mais aussi " A l'aube" de Philippe Djian. Un Djian dont on m'annonce la parution d'un nouveau bouquin "Pour la première fois". J'attends donc.

Je ne peux vous parler de Djian sans évoquer la magnifique lettre qu'il a écrite pour France Inter la semaine dernière. L'excellent Augustin Trappenard a demandé à des personnalités d'écrire à la personne de leur choix et Trappenard lit les lettres à l'antenne. Sublime.

Après ça,  Stephan Eicher, l'album "Homeless Songs" et la géniale chanson " Toi et ce monde"

Et puis, parce qu'il faut souffler et là, je remercie Chou de m'avoir prêter l'intégrâle, "Kaamelott". Je me marre tout seul et franchement, quel pied.

Voilà les gens.

Portez vous bien.

Chris.

Journal d'un confiné 8

Salut les gens, 

Retour aujourd'hui sur cette page pour poursuivre l'écriture de ce journal d'un confiné.Ce billet ne sera sans doute pas le plus gai. Il ne sera sans doute pas très structuré non plus. Ce matin, comme dirait un ami, j'ai le blase. Dehors, le soleil brille de mille feux mais dans ma tête, la nuit est tombée. Vous allez me dire que je n'ai pas trop à me plaindre, qu'il y a toujours pire et même si vous avez raison. Ici, je craque un peu. Je craque car j'en ai marre d'avoir mal à ce fichu pied. Cette douleur persistante devient compliquée à vivre. Boiter, se crisper à chaque pas, craindre le moindre contact. J'en ai marre. Et puis, je regarde là-haut. Là-haut, où la montagne semble vraiment me narguer, noyée sous le beau temps. A cette époque, je cours, je cours, je cours en général. Des sorties trails entrecoupées de rando à skis. Je me gave de solitude et de silence. Je me remplis de cette beauté que les hommes s'échinent à tuer.Je suis ce qu'on appelle un traileur contemplatif. J'aime être dans ce monde à part. Ce monde d'espace, de solitude et de silence. Et ça me manque. C'est mon monde, mon univers. Et je suis comme un étranger enfermé. Alors oui, parfois je m'énerve. Je m'énerve en voyant des randonneurs peu scrupuleux. Quand je les vois laisser leurs déchets. Ils m'énervent aussi quand ils jettent des pierres pour faire courir les marmottes. Et ils me rendent fou quand ils sont armés et cherchent à dézinguer tout ce qui bouge. Aucun respect pour la vie. Je ne comprendrais jamais ce besoin de sang. Ce besoin de puissance. D'avoir l'impression de dominer, d'avoir le droit de vie ou de mort. Je vous vomis chasseurs. Savez-vous qu'ils ont des dérogations durant ce confinement pour aller assouvir leur besoin de mort ? Politiques, je vous vomis aussi.

Alors comment ne pas virer fou ? Je ne m'ennuie jamais, mais le manque est là. Alors quoi faire. Je lis, je lis, je lis. Et je retrouve aussi le plaisir des mots croisés. En général, après le repas, un petit café au soleil avec une grille à remplir. Et puis... Ecrire. La reprise de mon roman " Je n'ai pas dansé depuis longtemps" me permet de m'immerger dans l'histoire, dans les personnages. Une sorte de soins paliatifs. 

La musique aussi m'aide à tenir le coup. Le concert en pointillé de Eric Frasiak, Evelyne Gallet ou Marion Roch. Mais.... "Pas d'soucis" me manque. Nous venons de sortir notre 7ème album et nous rêvions d'aller le faire découvrir. Mon pote me manque, nos fous rires en répète comme en concerts, notre complicité, réduite à nos appels quotidiens.

Mes chers parents me manquent. Je ne peux conduire, je ne les ai pas vu depuis un siècle. Quelle tristesse. Eux que j'aime tant.

Mes amis, mes chers amis, vous me manquez aussi. Que vous soyez mes potes, mes collègues d'en haut. Nos chambrages, nos rigolades, nos déprimes. Nos conneries. Ne plus pouvoir planquer les skis de Jean. Ne plus graisser les skis de Jean. Ne plus pouvoir lui remplir son sac de conneries. Bref, une belle équipe. OUI, vous me manquez. 

Mon ami Fab, mon très cher ami. Nos liens sont si forts. Ils sont réduits à des appels. Mais, nos discussions, nos échanges, nos repas. Ton intelligence, tout me manque. 

Voilà les gens, c'était la complainte d'un privilégié. Mais aujourd'hui, le noir prend le dessus sur la lumière.

Chris.

Journal d'un confiné 9

Salut les gens. 

Journal d'un confiné 8. Je pense à tant de gens. Je me décide de vous écrire du fond de mon âme emprisonnée. Une petite série de lettres à des gens que j'aime.

Salut à toi David, 

Je sais, à ce moment là de la lecture, tu tombes de ta chaise. D'amis inséparables, nous sommes devenus des étrangers. Mais tu sais mon ami, j'assume tout. Tout est entièrement de ma faute. C'est moi qui laisse sonner le téléphone dans le vide. Moi qui laisse passer les jours avant de répondre à un message. Tu n'y es pour rien. Tu appelles, tu écris. Tu dis ce que tu as sur le coeur. Moi, je fais ce que je fais de mieux, je me cache, je fais l'autruche. Mais ça y est, je ne fais plus semblant. j'ai tant fait semblant pendant des années. Faire semblant dêtre bien, heureux, apaisé. Pour qu'on me foute tout simplement la paix. Mais j'ai enlevé ma cagoule, retiré les filtres. Tous ceux qui sont dans ma vie aujourd'hui, je les aime. Je ne fais pas semblant. Mes proches, mes potes, je leur dis que je les aime et merde aux autres. Ce fichu virus nous enferme dans nos maisons mais mon esprit reste libre. Aujourd'hui, je fais un pas vers toi mon ami, mon pote, ma moitié.Te souviens tu de nos belles années collèges ? Nos années foot ? Nos matchs avec un autre sacré bohomme, Bruno Mingeon. Je le côtoie beaucoup aujourd'hui. C'est apaisant. Nous étions proches et tu as du partir vivre loin. Ce fut une première déchirure. Et ton retour fut... Comment dire ? Spectaculaire. Tu étais devenu chanteur de rock. Tu avais fondé "Nothing" sacré groupe. Tu as déboulé dans ma vie à la manière d'un riff de AC/DC. Vivant et entraînant. Et tout est reparti en vrille. Les nuits, les filles, l'alcool. LE RIRE. Putain qu'on a rigolé. Nous brûlions la vie par les deux bouts. Inséparrables et fous. Les autres nous regardaient bizarrement. Mais on s'en foutait. Tu vivais sur les routes et j'étais une aire de repos. Vous veniez poser vos valises dans mon minuscule appartement de l'époque. Mais on partageait tant de choses. David, j'ai aimé ces années folles. Malgré nos "quelques années de sommeil en retard".  Tu a commencé à avoir du succès. C'était si mérité. La maison de disque, les albums. Cette période que je n'ai pas aimé. Mais je crois bien que j'étais le seul à te dire quand je n'aimais pas. Je pouvais me le permettre car David, tu étais mon AMI et je me foutais bien que tu sois chanteur, disquaire, chômeur, plombier ou charpentier. Je crois que ça, tu l'as compris de suite. Je ne faisais pas partie de la cour qui t'entourait et qui se pâmait à chaque mot que tu prononçais. Mais j'étais là. pour toi, avec toi. Tu étais là aussi pour toi, toujours. Attentionné. Merci mon David. J'ai mal vécu ta souffrance quand le groupe s'est déchiré. J'ai aimé que tu reviennes te ressourcer ici. Aimer que tu me présentes Steeve. Ce fameux Steeve qui avait perdu son coté droit lors d'un abus de Genépy. Que de fous rires. Ce sacré Steeve, clavier de Shaka Ponk mais qui m'a encore fait rire lors de ton mariage. Voilà une première rupture. Pas anodine d'ailleurs. Se séparer alors que tu liais ta vie à celle d'une femme. Mais ton amitié était forte car tu as bien compris ma réaction. Tu as accepté que je ne fasse que passer à ton mariage. Je n'aime pas les mariages. Pas plus le tien que celui d'un autre. Pour autant, j'ai aimé chanté avec Steeve et toi lors de cette soirée. Mais ensuite, tout me saoulait. Et j'ai repris la route pour rentrer. Mais c'est ça l'amité non ? Je dis souvent ça à Fab " Un ami, c'est quelqu'un qui vous connait bien mais qui vous aime quand même". Avec tout mes défauts, mes tares, mes failles, mes faiblesses. Tu m'aimais quand même. J'ai une petite vie étroite et je pense que je me suis éloigné car je ne me sentais pas à la hauteur. Tu semblais déçu par ce que je faisais. Ce n'était pas à ta hauteur. Mon groupe, mes livres, ma vie quoi. Je suis le plus banal des hommes mais c'est comme ça. Il me faut marcher chaque jour avec mes déceptions et mes douleurs. Je sais que tu vis et à vécu les tiennes. Et aujourd'hui, je m'en veux de ne pas être à tes côtés. Où nous emmène cette vie ? Je ne sais pas. Je voudrais juste qu'elle fasse se rejoindre nos deux chemins.

Je pense à toi. 

Fraternellement.

Chris.

Ecrire

Salut les gens, 

En ce joli mercredi d'Avril, me voilà de retour sur derrrière le clavier. Le thé est bu, les soins pour mon pied blessé fait. J'ai avalé quelques lignes d'un bon bouquin. Comme d'hab, j'ai surfé sur le net pour écouter le concert en pointillé de Eric Frasiak. Je regarde les montagnes, triste comme un menhir. Ma Naïka est venue se coucher sous mes genoux. Ce putain d'ennemi invisible nous cloue dans nos maisons, dans nos appartements. Certains ont la chance d'avoir un balcon, un jardin. Ou encore d'habiter la montagne, la campagne. Ce qui rend, il faut bien l'avouer, le confinement plus supportable. Pour autant, malgré les crititques reçues, je peux comprendre le malaise des sportifs. Les corps et les cerveaux sont habitués à une dépense importante et on a beau dire, un mini tour d'une heure, le sport en intérieur.... Rien, rien ne remplace ces sorties là-haut. Alors quoi faire ? Personnellement, mon incapcité physique me rend aigri, triste. Alors, j'ai commis une ou deux chansons. J'ai lu, je lis, je lirais. Mais j'ai besoin d'un projet. L'inactivité ne me vaut rien en général. Alors, j'ai pris mon courage à deux mains. J'ai fouillé dans mes clés USB, dans mes dossiers et... L'idée a germé. Pourquoi pas ? oui, pourquoi pas ? Il y a déjà quelques années, je m'étais lancé dans l'écriture d'un troisième livre. En effet, suivant les conseils de mon amie Céline Aubertot Cauvin, auteure de deux superbes bouquins, je m'étais permis d'envoyer un manuscrit aux éditions Dédicaces et j'avais donc eu la chance d'être publié. De là, est venu la naissance de ce blog pour combler mon besoin de m'exprimer. "A côté", mon deuxième roman fut publié peu après. Pourquoi des romans, pourquoi explorer autre chose que l'écriture de chansons ? Pour voir. Pour voir si j'étais capable de changer de format. Capable de passer de la rime à la prose. Et j'ai aimé. Alors voilà, je reprends. "Je n'ai pas dansé depuis longtemps" sera -t-il fini un jour ? J'y crois. Je reprends des notes, je réfléchis, j'écris, j'écris. J'écris, j'efface, je pense. L'écriture d'un roman accapare l'esprit. je mange, je fais le ménage, je regarde dehors avec la compagnie de mes personnages. Où va me mener cette route ? Je n'en sais rien mais je fonce.

Bien à vous les gens. 

Chris.

Journal d'un confiné 7

Salut les gens, 

Nouvelle journée de perdue. Higelin, que j'aimais tant aurait chanté "Encore une journée de foutue"... 

Aujourd'hui, petit article sur le nouvel album de "Pas d'soucis". Nous l'avons appelé "Sans compromis". Tout un symbole pour nous qui n'avons jamais fait la moindre concession. Tant dans nos textes, que dans nos choix de concerts. Pourquoi un nouvel album ? Tout d'abord, pour nous faire PLAISIR. Et pour faire plaisir à un cercle certes restreint mais fidèle de fans. 

Le disque s'ouvre sur "Dans nos pas". Une manière d'expliquer le trac d'avant concert, ces moments où l'on peut regretter d'être là. Mais qui s'éffacent vite une fois les deux premières chansons passées. L'occasion aussi de dire que "Pas d'Soucis", c'est une véritable histoire d'amitée. Et que "C'est avec lui que je veux faire des chansons".

Vient ensuite "Je pense donc tu suis". Il nous fallait entrer vite dans le vif du sujet. En observant Macron et sa façon de fonctionner, cela nous est venu comme une évidence. Ce mec se dit "Je pense et ils n'ont qu'à suivre". Non, non et non. "Je pense donc tu suis, c'est la nouvelle démocratie", très peu pour nous. Une première chanson engagée dans cet album.

Un moment nostalgique ensuite avec "Le fantôme des bistrots". Une chanson, très, très ancienne de notre répertoire. Mais que nous n'avions jamais enregistrée. Nous réparons là cet oubli en changement l'accompagnement. La guitare sèche laisse place à des pianos.

"Virtuel" et son nouvel arrangement fait suite. Un texte axé sur la virtualité des choses actuellement où même l'amitié est bafouée. On a des amis Facebook maintenant. Mais comme le dit la chanson " appelle les à 4 heures du mat pour vérifier ton audimat....". Une musique..... que je vous laisse découvrir.

La 5ème chanson est tirée d'un texte de Voltaire que nous aimons tout particulièrement " Ce qu'il faut pour être heureux". Les mots coulent, défilent, comme cette superbe musique que Jean-Claude a composé. Un moment à part.

Un peu de légèreté ensuite. "Camping". L'histoire de vacances en camping, de la galère de la tente à monter, à la zone des fourmis, des papiers et de l'odeur qui varie selon le vent.

"L'alibi " est la 7ème chanson. Nous n'avions jamais évoqué ce thème du pote qui demande de couvrir ses infidèlités. 

En observant nos maires de notre pays de France, nous est venu ce texte et cette musique. "L'écharpe" De Balkany à des maires de nos petits villages, voici comment le pouvoir pervertit les hommes " La morale de cette histoire, c'est que les hommes ne changent pas, ils se vendent au marché noir pour rembourrer leur matelat."

"Anonymat" vient ensuite. Le contraste entre la façon de traiter les pires attentats dans notre pays et le silence devant nos SDF qui s'en meurent sans bruit. Au passage quand même, un hommage à Charlie Hebdo "Quand des cinglés encagoulés, flinguaient ceux qui refusent de prier"

Nouvelle chanson de colère ensuite avec "La révolution". Dans ce monde où rien ne change, un jour, pourtant, il faudra bien se révolter.

"Je veux vivre au bord du vide". Sur cette mélodie changeante, un texte sur le refus de la conformité et l'espoir d'oser, demain, marcher tout au bord du vide. Un gros, gros clin d'oeil également à Lionel Broche. Amoureux de montagnes et de liberté. Parti bien trop tôt.

le 12ème titre s'appelle "La peluche". L'histoire d'un ours en peluche qu'un enfant adore, puis délaisse et retrouve bien des années plus tard.... 

"Cri" est une chanson bizarre, entre folie et légèreté. Son rythme ambalant peut faire passer à coté du texte. Entre emmerdes, chagrins et liberté trouvée en forêts, montagnes. Comme des échappatoires.

La vie et notre quotidien sont toujours en lutte entre moment grandiose, soucis. Entre ce qui nous fait gerber et tout ce qui nous fait rêver dit la chanson. Le piano, le flutes, l'ambiance, font de cette chanson un morceau particulier. Une ôde aussi à ceux qui nous font rêver de leur plume ( Rimbaud, Thiéfaine, Renaud, San Antonio....)

"Facile" traite de nos informations, de cette peur qui s'insinue lorsque l'on ne connait pas l'autre.

Il fallait bien que l'on parle de notre passion pour l'écriture. A notre petit niveau bien sûr. "J'écris".

La musique, les chansonnettes comme pansements à nos maux. Voici "Petite chanson" 

Et c'est "Gastéropode" qui clot l'album. Une chanson et une interprétation rigolote sur une mélodie subtile.

Voilà les amis. Quelques mots pour expliquer une aventure de premier plan. La conception et l'enregistrement d'un album. Tout est fait maison. TOUT, jusqu'à la pochette. Mais rassurez vous, la qualité sonore est là. Nous l'avons fait mixer. Nous sommes fiers de notre bébé. J'espère, nous espérons, qu'il arrivera jusqu'à vous un jour.

Chris.

 

Journal d'un confiné 6

Salut les gens, 

La météo est bonne, ce matin, en regardant les sommets alentours, je me dis que ce jour de repos tombe à pic pour une fois. Il est encore tôt, je fais mon sac, vérifie une fois de plus les piles de l'ARVA, refais un check du matos. Doudoune au fond du sac, flasques d'eau, nourriture, vêtements de rechange, crème solaire. Il me faut penser à tout. Je charge les skis sur le toit, prends les chaussures, les bâtons, ne pas oublier les peaux. Et voilà, go. En montant en direction du chalet de ski de fond, j'écoute Alexis HK dans la voiture, c'est bon ça. Tout semble bien se goupiller. Un couple se prépare sur le parking. Mais après avoir mis les peaux sous les skis, mis une casquette et la crème solaire, je décolle devant eux. Les premiers mètres sont très tranquille, sur cette route dans la forêt, Idéal pour l'échauffement. Première montée un peu raide dans les sous bois, je rattrappe 4 skieurs, ils vont gentiment me laisser passer. Je continue, j'ai bien fait de partir tôt, les conditions risquent d'attirer les passionnés de montagne et de ski de rando. Me voilà déjà à la chapelle st Guérin, je double un nouveau couple. La traversée là est magnifique mais pas du tout difficile. Comme je suis plus un contemplateur qu'un compétiteur, je lève la tête, souvent et dans la pente, broutant tranquillement au niveau de la petite passerelle, un bouquetin. Je m'arrête pour le regarder et poser une couche, la chaleur arrive. Je reprends ma rando. Je suis à présent sous le refuge de la Balme, la fabuleuse Pierra Menta se dévoile déjà. Au dessus de moi, je vois un skieur qui déscend. On peut dire qu'il maitrise. Il s'arrête en contre-bas de moi. C'est un pote. Il est heureux comme tout. Il a fait cette sortie en pensant à son papa disparu qui devait toujours l'emmener ici. Encore un acte manqué. Prenons-y garde. Nous ratons tant de choses. Je poursuis, au dessus du refuge, un duo féminin me laisse passer aussi dans la trace et je peux continuer à mon rythme en direction du refuge et du lac du Presset. J'aime particulièrement cet endroit. Et peut être encore plus en été, lorsque, en trail, je suis sur les rives du petit ruisseau qui passe là. C'est une journée avec des jambes, c'est cool. Me voici juste sous le refuge. A l'inverse de tous les randonneurs qui passent par là, je m'écarte des traces pour éviter ce batiment moche qu'on a fait pousser ici, dans ce lieu si sublime avec la Pierra Menta qui nous surveille. Je continue, seul dans cette immensité et c'est pur bonheur. Je me fais les conversions du col qui va surplomber tout ça. Voilà le sommet, la vue sur le versant beaufortain. Je regarde l'aiguille du Presset et me lance, ski sur le sac avec des bons souvenirs pleins la tête. Un temps ancien. Me voilà en haut, non sans mal. J'admire la vue incroyable. C'est à couper le souffle. Je trouve quelques rochers accueillants et me pose. Je me change car mine de rien, j'ai bien transpiré dans ces derniers mètres. Je sors le casse croute. J'aime tellement ces moments là. Seul au monde. Et puis, il faut bien redescendre. J'enlève les peaux, troc ma casquette contre un buff, serre les godasses et me lance dans cette pente raide qui m'emmène vers le lac. La neige revient légèrement, putain que c'est bon. Je vais me faire la descente d'une traite, jusqu'à la voiture. Une grande gorgée d'eau, remettre les skis sur le toit. Et rentrer, tranquillement. Les yeux et le coeur remplit d'images incroyables. Et ce dire que.... La prochaine sortie ne se fera pas demain la veille. Et comme j'avais raison, nous étions le lundi 16 mars. Le lendemain, le confinement se confirmait. Qu'elle me manque ma montagne. 

Prenez soin de vous les gens.

Chris.

Journal d'un confiné 5

Salut les gens, 

Journal d'un confiné N°5

En plus d'être confiné, condamné à regarder les sommets depuis ma fenêtre, me voilà blessé en plus, ce qui n'arrange rien aux fourmis que j'ai dans le moral. Mais parfois, je réussis à relativiser mes ennuis de riche. J'ai une petite routine de con fini. Chaque matin, réveil et petit dej en écoutant France Inter. Vient ensuite le moment allongé sur le canapé avec de la glace sur le pied. C'est le moment de ma première lecture. J'aime les livres, j'aime lire, j'aime les écrivains. J'aime aussi qu'on me parle de bouquins, comme le fait si bien Inter tout au long de l'année. En ce moment, chaque matin, l'excellent Augustin Trappenard, sur cette même radio, fait la lecture d'une lettre d'un auteur, auquel il a demandé quelques lignes. Ce matin, j'ai pris la claque de la lecture de Daniel Pennac. 

Je m'en vais ensuite flâner un peu sur le net. Comme tous les jours, je vais écouter l'ami Eric Frasiak proposer son concert en pointillé du matin.J'adore ça, sa plume, son verbe, sa personnalité. Je vous ai souvent parlé de lui. Pas assez, foncer l'écouter les gens, un pur bonheur. Et comme son humilité et sa simplicité sont à la hauteur de son talent....

Au moment, où je tape ces mots sur le clavier, je jette un oeil à mon intérieur proche. Sur un bras du canapé les fables de La Fontaine. Je picorre souvent là-dedans. Je découvre encore, après toutes ses années, des subtilités, des bijoux de phrases et d'intelligence. Plus loin, les deux livres lu la semaine dernière " La danse du chagrin" de Bernie Bonvoisin et le fameux " Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson. Je me faisais du souci car ma pile fondait. Il m'a fallu faire appel à deux amis qui ont gentiment livré en bas de chez moi lorqu'ils sortaient en course. Le premier m'a déposé "Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison" de Arto Paasilinna et "Le club des incorrigibles optimistes" de JM Guenassia. Tandis que mon autre pote à déposer lui " Vivre" de Elisabeth Revol et "Raide vivant" de Paul Bonhomme. Quel plaisir de lire, de bouffer des phrases et des mots.

Une pensée aujourd'hui pour deux amis proches à la plume volante, Le rhino grincheux et Céline Aubertot Cauvin.

Je pense à vous les amis.

Chris.

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